A découvert, Harlan Coben (Pocket)

chronique a decouvert mickey bolitar harlan coben banner

Après le meurtre de son père, Mickey Bolitar se retrouve chez son oncle inconnu. A peine rentré, sa petite amie est portée disparue sans laisser de traces.

Une réalité déconcertante

Mickey est un adolescent de quinze ans. Il vient de faire son entrée en seconde dans le même lycée que l’avait fait son père à son âge. C’est la première fois qu’il fait son entrée en classe dans un bâtiment américain. Avant, Mickey vivait avec ses parents à travers le monde dans le but d’aider les associations d’enfants. Son éducation était faite par les personnes qu’ils rencontraient au travers de leurs voyages.

Pour sa rentrée en seconde, le père de Mickey a décidé que son fils devait avoir une vie plus stable et de retourner vivre aux Etats-Unis. Quelques semaines après leurs retours, un accident de voiture tue sur le coup le père de Mickey. La mère est détruite. Mickey se voit confier à son oncle qu’il ne connait que de nom. La rentrée des classes n’est pas la plus facile. Alors trois semaines plus tard, quand sa petite amie disparaît, Mickey a besoin de la savoir en vie et de la retrouver.

chronique à découvert harlan coben

Une nouvelle chasse

Harlan Coben sait garder son public en éveil et en attente. Pour le lecteur, la rencontre de Mickey et de Myron s’effectue qu’après avoir engrangé 20 % du livre. L’attente peut paraître longue mais les rebondissements font passer cette rencontre (et leur relation) au second plan, ce qui dépeint l’univers de Coben. Sa plume polarisante est toujours aussi majestueuse et redoutable.

Cécile Arnaud nous laisse ressentir les écrits de Coben grâce à sa traduction fine. Elle est toutefois moins enthousiaste concernant les échanges par SMS entre adolescents. Les éditions Pocket ont fait un bon pari pour cette réédition (publié en France chez Fleuve Noir). Même s’il s’agit d’un poche, quelques efforts de mises en page sont présents. Pocket a aussi ajouté le premier chapitre du deuxième tome pour ajouter à l’incitation. La saga polar Mickey Bolitar de Coben apparaît comme une nouvelle jeunesse de l’auteur, de ses lecteurs et de sa plume.

Player One, Ernest Cline (Pocket)

chronique player one ernest cline

En 2044, la Terre est meurtrie de l’utilisation de ses habitants. Les humains ont trouvé un moyen de s’échapper et de ne plus s’y intéresser : OASIS.

Geek, c’est tendance

La Terre se meurt. La famine est réapparue, y compris dans les pays développés. La majorité des habitants n’ont pas assez d’argent pour de l’essence, voire même pour manger. Les tickets de rationnement aident mais les brutes mènent la danse.

James Donovan Halliday est un concepteur de jeux vidéo hors du temps, inventant un concept plus qu’un jeu vidéo. Par exemple, son dernier jeu vidéo : OASIS (Ontologically Anthropocentric Sensory Immersive Simulation). La connexion à ce jeu se fait grâce à des lunettes capables de détecter le moindre de vos mouvements, des écouteurs et des gants haptiques a minima. Le système identifie chaque personne par sa rétine et une phrase mot de passe. Le personnage se déplace grâce aux mouvements des mains ou en commandes vocales, peut éviter toute zone de conflits ou au contraire devenir le meilleur guerrier de l’univers et peut faire ses études (le système empêche les grossièretés et les recherches non liées à l’étude pendant les cours) ou travailler en tant que DJ dans le club le plus prisé. L’univers est devenu tellement imposant (impossible de faire le tour complet de l’univers en une vie) que les joueurs confondent OASIS et Internet, qu’ils passent leurs journées complètes dans ce jeu et qu’ils n’ont plus à se déplacer de chez eux.

A la mort d’Halliday, son testament est rendu public. Il n’a pas d’héritier. Dans une vidéo, le concepteur et inventeur léguera tous ses biens, dont 240 milliards de dollars, à la personne qui réussira à trouver trois clefs et un œuf dans l’univers d’OASIS. Les closes sont émises, la chasse peut commencer.

chronique player one ernest cline

Geek, c’est la vie éternelle

Ernest Cline a construit le personnage d’Halliday à son image, excepté pour la partie concepteur de jeux vidéo reconnu mondialement. Le geek est resté pencher sur les années 80 qu’il en connaît tous les moindres détails, avec toutes les références (ce qui permet aux lecteurs des découvertes, tout en lui rappelant quelques souvenirs marquants : Atari, Donjons et Dragons et Apple I). L’auteur n’a pas honte de faire savoir qu’il a travaillé dans un fastfood et dans un vidéoclub pour vivre sa passion, comme l’ensemble de ces compatriotes.

Les éditions Pocket ont (re-)publié la traduction de ce roman culte. Le travail effectué par Arnaud Regnauld est exceptionnel. Le lecteur est plongé dans l’histoire. La notion du temps est oubliée. Le lecteur oublie rapidement s’il est en 2044, année de l’action ; dans les années 80, les références présentes pour magnifier l’univers ; ou dans le présent, le moment où le lecteur a ce livre entre ces mains.

Le film Ready Player One, inspiré de cette œuvre, sera au cinéma en mars 2018, suite aux retards dans la production du nouveau Star Wars. Le deuxième roman de l’auteur (Armada) est déjà prévu pour le grand écran.

Central Park, Guillaume Musso (Pocket)

chronique central park guillaume musso banner

Alice et Gabriel se réveillent, à Central Park, et ne savent pas ce qu’il s’est passé la nuit dernière. L’une était à Paris, l’autre à Dublin. Le lendemain matin, ils sont à New York amnésiques.

La grande allée ouverte

Gabriel est un grand musicien international et une intelligence qui dépasse l’entendement ainsi que les nerfs de sa nouvelle connaissance. Alice est un inspecteur de police reconnu dans son commissariat du 18e arrondissement. La veille au soir, elle se souvient avoir bu quelques verres avec des amies et ne pas être arrivée chez elle, ni même avoir repris sa voiture dans le parking. Pourtant elle a une arme à feu et du sang dans ses mains. Ni l’un, ni l’autre ne sait comment ils en sont arrivés là.

chronique central park guillaume musso

Les subterfuges des coins sombres

Musso nous enivre avec son style et nous présente son polar romantique. Les péripéties s’enchaînent à une vitesse vertigineuse. C’est bien ficelé. On cherche d’abord à découvrir qui sont les personnages, où ils sont et comment vont ils faire pour s’en sortir. Comment le passé peut-il autant agir sur le présent ?

Après avoir passé 80% du livre sous angoisse, Musso nous dévoile le dénouement puis l’explique dans les 20% restants. J’avoue que je ne m’attendais pas à cette chute et m’être faite avoir, ce qui fait plaisir (c’est devenu tellement rare de se faire surprendre par un auteur, par un rebondissement qu’il a imaginé). Mais je reste totalement sur ma faim. Le dénouement d’un polar arrive à la dernière page, tenant en haleine à chaque mot. La césure nette de Musso en direction de la maladie froide, intemporelle et non combattable coupe l’herbe sous le pied de tous les piétons.

Elle et Lui, Marc Levy (Pocket)

chronique elle et lui marc levy robert laffont banner

Mia est sous les projecteurs depuis trop longtemps. Elle a besoin de souffler, prendre des vacances et découvrir de nouvelles sensations.

L’écran s’enflamme

Mia est une star internationale en puissance. Elle part en vacances dans la ville de son enfance, Paris. Paul ne la connaît pas et la découvre par hasard dans un restaurant du 18e arrondissement, en tant que serveuse. Il a besoin de retrouver sa confiance en lui, n’arrive plus à écrire et doit regagner sa conscience pour parcourir le monde avec le livre qu’il vient de publier.

chronique elle et lui marc levy robert laffont

Le papier saigne

Marc Levy transporte son lecteur une nouvelle fois. Il nous tient en haleine grâce à l’histoire de ses personnages, au contraire de la qualité de son style. Cette histoire romantique est plus que banale. La rythmique est constante, sans la moindre fluctuation. Elle est dictée, orientée et prévisible 50 pages à l’avance.

Dans un Levy, on retrouve toujours au moins un personnage d’un de ses précédents romans. Cette fois, l’auteur a fait fort car il a ressorti ces vieux amis Lauren et son mari de « Et si c’était vrai », son premier roman (public). C’est un jeu que l’auteur et ses lecteurs aiment jouer et trouver la faille révélatrice. La seule partie amusante.