Baad, Cédric Bannel (Points)

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Deux génies de flics, de deux pays différents, doivent se heurter au pire : affronter leur cauchemar le plus traumatisant de toute leur vie. L’un habite Kaboul, l’autre Paris.

Deux grands noms pour deux urgences internationales

Le colonel Oussama Kandar, surnommé Qomaandaan par ses équipes, influence le respect autour de lui. Le titre qu’il lui a été remis représente le fait qu’il a réussi à tenir face aux nombreuses guerres dans l’Afghanistan, dans Kaboul, et qu’il a réussi à rester en vie. Actuellement chef de la police criminelle de la ville dont la paternité est tous les jours remise en question, Kandar doit enquêter et trouver le meurtrier qui s’en prend aux enfants, à des fillettes d’une dizaine d’années. Sa femme rêve de rendre la liberté aux femmes de son pays, mais face aux talibans, à la culture et aux ennemis de son mari, l’affaire peut se révéler mortelle.

Nicole Laguna s’est illustrée en tant que numéro deux de la DGSE, puis chef et enfin comme responsable de la BNRF. Depuis quelques mois et le handicap qui l’incombe depuis son « accident », elle est devenue une conseillère en sécurité pour un grand cabinet. Un départ en retraite allégé et tranquille qui lui assure de voir ses enfants et son mari… Enfin jusqu’à ce qu’elle fasse enlever – elle et les siens – afin qu’elle utilise ses dons pour « aider volontairement » des trafiquants à trouver une nouvelle drogue de synthèse d’un mafioso.

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Un respect sans pareil

Cédric Bannel est un homme contradictoire et antagoniste. Sa préface annonce qu’il ne connaît pas ce Kaboul et cet Afghanistan décrits par les journaux occidentaux. Il connaît un Kaboul et un Afghanistan pauvre, souriant et motivé, nous engageant à croire que le plus beau peut arriver. Sa première scène est d’une violence sans nom, nous rappelant une nouvelle fois toutes les images que nous avons de la capitale afghane, alors que l’auteur souhaite nous les faire oublier. Le processus de guérison prendra toute une vie. Il mène son chemin jusqu’au bout, nous montrant le courage, la motivation et la détermination que les afghans doivent avoir face à ces guerres sans fin.

La collection Points publie à nouveau l’avant dernier roman de Cédric Bannel, chez les éditions Robert Laffont. L’équipe soudée permet de passer d’un rebondissement à l’autre, sans avoir le temps de souffler, enchaînant les journées comme si l’on était un spectateur de chacun des événements, juste aux côtés de l’auteur pendant son écriture, ou pendant sa lecture. Découvrez un nouvel Afghanistan, un nouveau Kaboul, où tout est question d’échange, de loyauté et de sentiments.

L’ange de la nuit Tome 1 – La voie des ombres, Brent Weeks (Milady)

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Azoth est un enfant esclave d’une dizaine d’années. Il rêve de pouvoir s’en sortir. Mais le Rat ne le laissera pas partir comme ça.

Un combat sans merci

Azoth doit se débrouiller pour trouver à manger et l’argent pour avoir la protection de sa guilde. S’il ne paie pas, la guilde ne le protégera et le Rat le battra jusqu’à ce qu’il soit satisfait de la marque laissée sur lui pour faire comprendre à toutes les adhérents qu’ils n’ont pas le choix. Mais Azoth ne cherche pas seulement à se protéger. Il a pris sous son aile une jeune fille, plus petite et muette : Poupée.

Azoth n’a pas le choix. Il a beau cherché toutes les solutions, c’est la seule et unique. Tout le Dédale n’est construit que de guilde d’enfants plus ou moins âgés, orphelins et esclaves. C’est une coutume courante. Il doit apprendre à accepter ou il doit affronter le Rat. Alors quand celui-ci frappe de nouveau un enfant qui avait payé sa solde, juste pour impressionner toute la file et qu’il s’en prend à Poupée, Azoth a du mal à se contrôler mais le Rat a deux fois plus de force que lui.

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Une ombre parmi les ombres

Brent Weeks a un parcours un peu éclectique. Après son diplôme en études anglaises et avoir parcouru le monde, il devient barman et commence à écrire au coin du bar sur des serviettes. Les éditions Orbit l’embauchent pour son premier roman : La voie des ombres. L’auteur agrémente son histoire avec beaucoup de descriptions, ce qui laisse très peu de place à l’imagination. Le côté positif de ces descriptifs est que vous déroulez un film qui évolue, s’enrichit au fur et à mesure. Les lecteurs pourront presque avoir l’impression d’être dans un polar du milieu du XXe siècle.

Les éditions Bragelonne ont vu un auteur fantaisie à grand succès alors ils n’ont pas traîné pour le traduire et le publier. Le label Milady a repris la couverture initiale magnifique pour sa version de poche. Je trouve tout de même dommage que les éditions Orbit n’aient pas insisté pour construire plusieurs parties. Par exemple, lorsqu’Azoth est Azoth puis qu’il devient Kylar. La césure est ressentie, imagée mais elle aurait eu plus d’impacts si elle était présente. La traduction d’Olivier Debernard va vous faire vivre toutes les aventures du jeune héros comme si vous étiez juste à côté de lui.

Haul anniversaire : tout en poche

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Cette semaine, c’était mon anniversaire alors forcément, j’ai reçu quelques livres. Des fantasy, de la SF et du polar. Mes ami(e)s savent comment me faire plaisir, mais je vous présente leurs cadeaux livresques seulement (le reste, c’est pour moi). 3421 pages de pure bonheur.

Black out par Marc Elsberg chez Le livre de poche

J’ai décidé de me remettre aux thrillers et polars dernièrement, alors voilà Black out. A priori, cette fiction va commencer comme la série Révolution : un jour, on ne sait pas pourquoi, ni comment, mais l’électricité s’arrête dans tout le pays, puis dans le monde. Marc Elsberg s’appuie sur la réalité pour construire son histoire donc les sensations et l’envoutement risquent d’être omniprésents.

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Les derniers jours du paradis par Robert Charles Wilson chez Folio

J’ai toujours beaucoup de mal à choisir un SF parce que j’ai très peur que l’univers ne me plaise pas, ou que les ponts entre le monde du livre et notre monde soient trop éloignés. Robert Charles Wilson n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a su s’imposer au Canada et remporter plusieurs prix littéraires (dont le prix Hugo).

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Cœur d’acier par Brandon Sanderson chez Le livre de poche et Orbit

Encore un livre très délicat à ranger dans une seule case, puisque ce roman est à la fois un SF et un fantasy. Histoire de compliquer un peu la tâche, il est publié dans les maisons d’éditions Le livre de poche et Orbit (toutes les deux au sein du groupe Hachette). Brandon Sanderson vit cette pluralité littéraire plutôt bien, puisqu’il permet aux personnes malveillantes de dominer le monde grâce à des pouvoirs, et une infime possibilité aux humains de s’en sortir vivants.

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Le jeu de l’assassin pat Amy Raby chez Milady

Je n’ai pas lu un fantasy assassin depuis des lustres. Vitala Salonius est une femme très attirante. Elle a pour mission de séduire l’empereur puis l’assassiner. Ce pitch a tendance à me rappeler la série Marco Polo, et s’il y a autant de morts (dans la série télé) que de tentatives de meurtres (dans le livre), je sens que ça va être tendu.

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Keleana – La prisonnière par Sarah J. Maas chez Le livre de poche

Cela fait un moment que je voulais commencer à lire Sarah J. Maas. J’entends parler de cette auteure depuis quelques temps, et encore plus avec les booktubeurs américains (comme JesseTheReader). Keleana est un assassin mais elle s’est fait prendre par le roi. Elle va chercher à recouvrir sa liberté. C’est la première traduction de la première série (Throne of Glass) de Maas alors j’avoue avoir quelques attentes…

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L’ange de la nuit – La voie des ombres par Brent Weeks chez Milady

Je crois que mes potes veulent vraiment que je recommence à lire des fantasy assassins. D’autant que celui-ci fait pas loin de 694 pages et je peux vous jure que la taille de police est vraiment petite ! Les éditions Milady ont sorti la traduction de la deuxième série de Brent Weeks. Je ne sais pas quand je vais commencer à lire l’art de l’assassinat mais je sens que ça va être intense.

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La maison de la nuit – Marquée par P. C. et Kristin Cast chez Pocket

Mère et fille se sont associées pour inventer l’univers de la maison de nuit, et pas seulement pour un livre, mais pour toute une série. A noter aussi que la couverture de Pocket en poche est juste A-MA-ZING (désolée pour le franglais, mais regardez là). L’histoire de Zoey m’a l’air original et pas d’un nouveau Twilight ajusté.

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Mes ami(e)s me connaissent bien ! Ils m’ont interdit de les citer et mais, je me dois au moins de vous dire (et redire) ça : JE VOUS AIME !!! 💞 Milles mercis pour tous ces cadeaux ! Vous êtes à la fois fous et mes meilleurs potes.

Player One, Ernest Cline (Pocket)

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En 2044, la Terre est meurtrie de l’utilisation de ses habitants. Les humains ont trouvé un moyen de s’échapper et de ne plus s’y intéresser : OASIS.

Geek, c’est tendance

La Terre se meurt. La famine est réapparue, y compris dans les pays développés. La majorité des habitants n’ont pas assez d’argent pour de l’essence, voire même pour manger. Les tickets de rationnement aident mais les brutes mènent la danse.

James Donovan Halliday est un concepteur de jeux vidéo hors du temps, inventant un concept plus qu’un jeu vidéo. Par exemple, son dernier jeu vidéo : OASIS (Ontologically Anthropocentric Sensory Immersive Simulation). La connexion à ce jeu se fait grâce à des lunettes capables de détecter le moindre de vos mouvements, des écouteurs et des gants haptiques a minima. Le système identifie chaque personne par sa rétine et une phrase mot de passe. Le personnage se déplace grâce aux mouvements des mains ou en commandes vocales, peut éviter toute zone de conflits ou au contraire devenir le meilleur guerrier de l’univers et peut faire ses études (le système empêche les grossièretés et les recherches non liées à l’étude pendant les cours) ou travailler en tant que DJ dans le club le plus prisé. L’univers est devenu tellement imposant (impossible de faire le tour complet de l’univers en une vie) que les joueurs confondent OASIS et Internet, qu’ils passent leurs journées complètes dans ce jeu et qu’ils n’ont plus à se déplacer de chez eux.

A la mort d’Halliday, son testament est rendu public. Il n’a pas d’héritier. Dans une vidéo, le concepteur et inventeur léguera tous ses biens, dont 240 milliards de dollars, à la personne qui réussira à trouver trois clefs et un œuf dans l’univers d’OASIS. Les closes sont émises, la chasse peut commencer.

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Geek, c’est la vie éternelle

Ernest Cline a construit le personnage d’Halliday à son image, excepté pour la partie concepteur de jeux vidéo reconnu mondialement. Le geek est resté pencher sur les années 80 qu’il en connaît tous les moindres détails, avec toutes les références (ce qui permet aux lecteurs des découvertes, tout en lui rappelant quelques souvenirs marquants : Atari, Donjons et Dragons et Apple I). L’auteur n’a pas honte de faire savoir qu’il a travaillé dans un fastfood et dans un vidéoclub pour vivre sa passion, comme l’ensemble de ces compatriotes.

Les éditions Pocket ont (re-)publié la traduction de ce roman culte. Le travail effectué par Arnaud Regnauld est exceptionnel. Le lecteur est plongé dans l’histoire. La notion du temps est oubliée. Le lecteur oublie rapidement s’il est en 2044, année de l’action ; dans les années 80, les références présentes pour magnifier l’univers ; ou dans le présent, le moment où le lecteur a ce livre entre ces mains.

Le film Ready Player One, inspiré de cette œuvre, sera au cinéma en mars 2018, suite aux retards dans la production du nouveau Star Wars. Le deuxième roman de l’auteur (Armada) est déjà prévu pour le grand écran.