La conspiration Kolarich, David Ellis (Pocket)

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Kathy Rubinkowski a été assassinée en pleine rue. Tous les éléments désignent Tom Stoller comme le coupable. Mais l’a-t-il fait en pleine conscience ?

Kolarich, un maître d’art

Kathy Rubinkowski rentre d’une longue journée et d’une longue semaine. La veille de ces 24 ans, ce vendredi, elle revient de la faculté alors qu’il est plus de 23 heures. Trop heureuse de trouver une place pour se garer à moins d’un bloc de chez elle, elle manœuvre désespérément. Garée et heureuse, ne voyant personne dans la rue, elle se dirige vers le coffre pour prendre son sac de sport. Mais quand elle se relève, elle perd la vie d’une balle dans la tête.

Dès la nuit même, la police met la main sur Tom Stoller avec le sac à main et le portable de Kathy pour preuves. De plus, lors de son interrogatoire, Tom reconnaît l’arme du crime comme étant son arme. Tom s’est rendu deux fois sur le sol irakien, en tant que ranger, pour aller à la guerre. Son retour est semé de SSPT (Syndrome de Stress Post-Traumatique) et de schizophrénie. Sa santé mentale est remise en question, mais pour l’Etat, Tom a reconnu son arme et s’est excusé de son geste. Il avait donc conscience de ce qu’il fait.

La tante de Tom, Deirde, reconnaît que son avocat commis d’office fait un très bon travail mais qu’il ne s’occupe pas assez de son dossier. Avec ce sentiment familial qu’elle n’a pas assez aidé son neveu, Deirde trouve à Tom un avocat bien plus engagé : Jason Kolarich. Jason brille de ses états de faits mais avec seulement 50 jours, aucun témoin et une impossibilité de communiquer avec son client, dû aux médicaments pour apaiser sa santé mentale, le procès s’annonce extrêmement compliqué.

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La conspiration menée par un maître

David Ellis est devenu un auteur après avoir marqué les barreaux de Chicago. Sa vie n’a pas été des plus simples mais il s’en est sorti en s’acharnant sur son travail. David Ellis est devenu un avocat intrépide puis s’est mis à écrire. Toujours à la recherche de la perfection, son premier roman reçoit le prix Edgar-Allan Poe (de 2002). Sept années plus tard, il construit son personnage far : Jason Kolarich, son alter-ago, un avocat du Midwest où justice et vérité sont les grands absents des tribunaux.

Les éditions Pocket se sont chargées de la traduction, grâce au travail de Dinz Galhos. L’auteur et le traducteur vont vous emporter dans l’histoire et vous faire vivre des moments difficiles. Le changement de point de vue est d’une efficacité incroyable, qui va vous impliquer dans toute cette affaire. Vous passez d’un narrateur à part à un narrateur omniscient personnifié par Jason Kolarich. J’aime beaucoup le fait original de suivre toute la procédure judiciaire, l’avancement de l’enquête mais aussi la vie d’un avocat qui laisse sa vie privée au placard d’entrée. De nombreuses affaires viennent se mêler à ce meurtre et toute l’implication va avec, à chaque fois, chaque élément est remis en cause et le procès approche de plus en plus. L’auteur connaît parfaitement son sujet et nous met dans un ascenseur émotionnel à chaque page.

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